
Ces femmes scientifiques oubliées ont marqué l’Histoire
Quand on pense “Femme de sciences”, Marie Curie est probablement le premier nom, voire le seul, qui nous vient à l’esprit. Si la chimiste-physicienne a effectivement un parcours qui suscite l’admiration, d’autres ont largement contribué aux progrès du domaine.
Longtemps, la science a été l’apanage des hommes. Les femmes étant exclues des discussions intellectuelles, faute à leur “petit” cerveau, elles ne représentent que 1 à 2 % des “grands savants” de l’Histoire. Pourtant, et c’est scientifiquement prouvé, elles ne sont pas moins aptes à la pensée scientifique que ces messieurs. Mais la féminisation des équipes de laboratoire traîne. Selon l’ISU, l’Institut des Statistiques de l’ONU, moins de 30 % des chercheurs dans le monde sont des chercheuses. Elles sont donc moins publiées, moins payées et leur carrière progresse moins vite… Et on s’étonne qu’elles soient si réticentes à l’idée de faire carrière dans la science, la technologie, les maths et l’ingénierie?
C’est ce qui a poussé l’ONU à déclarer le 11 février “Journée internationale des femmes scientifiques”, dont l’objectif est un accès égalitaire et une participation des femmes et des filles à la science. À commencer par un nécessaire changement de mentalités dans les écoles et les universités (avec plus d’exemples féminins dans les manuels scolaires), les foyers et les lieux de travail, mais aussi des changements institutionnels et des politiques ciblées.
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Les connaissez-vous?
Depuis 1901, 6,3 % seulement des femmes ont reçu un Prix Nobel. Un nombre peu conséquent lorsqu’on sait que les prix décernés aux hommes. Pourtant, elles sont nombreuses à avoir fait avancer les sciences. C’est le cas des femmes qui suivent.
Marie la Juive, la première
Vers -200 av. J.-C., Marie la Juive, considérée comme l’une des mères de l’alchimie et qui aimait manipuler toutes sortes de substances en laboratoire, a mis au point un dispositif capable de les chauffer très longtemps sans risquer de les calciner: le bain-marie. C’est la première contribution notable d’une femme au progrès scientifique et technique!
Hildegarde de Bingen, la scientifique du Moyen Âge
Hildegarde de Bingen est la seule femme “scientifique” du Moyen Âge. Elle a publié en 1158 une encyclopédie, sous-titrée Livre des simples médecines, bourrée d’informations sur les plantes médicinales. Plus tard, elle fit paraître Causae et curae (Causes et cures), véritable traité de médecine qui tente de déterminer les causes des maladies et leurs traitements.
Émilie Duchâtelet et Laura Bassi, les relais de Newton
Première femme mathématicienne des Temps modernes, Émilie Duchâtelet a traduit et commenté l’ouvrage magistral d’Isaac Newton sur l’attraction des corps (la gravitation universelle). C’est grâce à elle que Voltaire, son amant, a pu faire connaître les idées de Newton en France.
C’est aussi une femme, Laura Bassi, physicienne, qui a introduit la physique de Newton en Italie. Elle est même la toute première femme a enseigné à l’université (à Bologne). Elle a élevé ses 6 enfants sans jamais cesser de travailler.
Maria Agnesi, la deuxième mathématicienne
Maria Agnesi, Italienne, est la deuxième mathématicienne en titre, hyper calée en arithmétique, algèbre, géométrie… À 20 ans seulement, elle publie un ouvrage dans lequel elle étudie des questions de logique, de mécanique et de physique. Elle aurait pu devenir la première femme à enseigner à l’université en 1750, le pape lui-même voulait la nommer, mais elle a préféré se retirer dans un pieux isolement.
Ada Lovelace, la programmatrice hors pair
Ada Lovelace est une pionnière de la science informatique, elle est principalement connue pour la création, en 1843, du tout premier programme informatique. Elle a été la proche assistante de Charles Babbage, le “père” de l’ordinateur.
Isala Van Diest, la première médecin
Première femme médecin de Belgique, Isala Van Diest est aussi la première universitaire du pays. Mais le chemin ne fut pas de tout repos: elle s’est battue pour pouvoir étudier et obtenir son diplôme, le recteur de la désormais Université catholique de Louvain lui suggérant plutôt de devenir sage-femme. Hors de question, Isala part étudier en Suisse. Puis, elle travaille en Grande-Bretagne avant qu’un arrêté royal l’autorise enfin à exercer sur le sol belge, elle a 42 ans. Elle a cofondé, avec les sœurs Popelin et d’autres féministes, la Ligue belge du Droit des Femmes. Rien que ça!
Vera Rubin, la fan d’astronomie
Enfant, Vera Rubin passait son temps à observer les étoiles à l’aide d’un télescope fabriqué par son père; 20 ans plus tard, elle passe sa thèse en astronomie au Vassar College de New York, seule université qui accueille alors les femmes. Elle a ensuite voué sa vie à l’étude des galaxies et de la matière noire (substance mystérieuse et jusqu’alors inconnue: la révélation de son existence révolutionna la conception de l’univers), tout en veillant à aménager ses horaires pour élever ses 4 enfants, tous docteurs en Sciences aujourd’hui.
Jocelyn Bell Burnell, l’étoile ignorée de la science
L’astrophysicienne britannique, Jocelyn Burnell, est l’une des plus grandes scientifiques du 20e siècle. C’est elle qui a découvert le premier pulsar, à savoir le reste d’une étoile, et la preuve donc que lorsque les astres explosent, ils deviennent de minuscules étoiles à neutrons. Le mérite de ses recherches revint entièrement à ses collègues masculins, nobélisés. Ce déni du rôle des femmes, appelé “effet Matilda”, a été dénoncé par l’historienne américaine des sciences, Margaret Rossiter.
Rosalind Franklin, la pionnière de la génétique
Docteure en Physique et Chimie, Rosalind Franklin a découvert la structure à hélice de l’ADN, grâce à sa célèbre “Photo 51”. Elle est la pionnière de la génétique moléculaire. Plusieurs chercheurs ont utilisé ses travaux à son insu sans la citer, et ont ainsi obtenu le Nobel de médecine en 1962 pour cette découverte. Rosalind décède à 38 ans d’un cancer des ovaires, causé par une surexposition aux rayons.
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Henrietta Leavitt, à l’origine de la loi éponyme
Henrietta Leavitt est astronome à l’Observatoire d’Harvard, où elle était chargée de mesurer et classifier la luminosité des étoiles. En établissant le rapport période-luminosité, ou “loi de Leavitt”, cette Américaine a permis aux astronomes de calculer les distances dans l’univers entre la Terre, les étoiles, et les autres galaxies. Elle est décédée en 1921, à 53 ans.
Williamina Stevens, la compteuse d’étoiles
Williamina Stevens est abandonnée par son mari alors qu’elle est enceinte. Elle se fait alors engager comme femme de ménage chez le directeur du Harvard College Observatory, lequel remarque vite ses facultés intellectuelles. Il l’invite alors à rejoindre son équipe de femmes engagées avec la tâche délicate (et fastidieuse!) de compter et classer les étoiles selon leur position, leur luminosité, etc. Williamina ne s’est pas seulement contenté de les répertorier, elle a réalisé un véritable travail d’astronome et a classé à elle seule des milliers d’étoiles.
Gertrude Elion, la star de la recherche
Fille d’émigrés lituaniens-polonais, Gertrude Elion a été biochimiste et pharmacologue. Elle a mis au point des médicaments pour traiter la malaria, la leucémie et prévenir le rejet en cas de greffe du rein, dont plusieurs figurent sur la liste de l’OMS des médicaments essentiels. Ses travaux ont révolutionné la recherche médicale.
Pour plus d’infos sur le sujet
Une histoire de la science au féminin, Jean C. Baudet, éd. Jourdan
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