"Aujourd'hui, je peux me dire que je vais profiter de la vie." © @Philippon

Ben Mazué: “La quarantaine est un super moment de la vie!”

La quarantaine tout juste entamée, l’artiste signe un nouvel album, Famille, où il décline ses quêtes personnelles en chansons universelles, avec l’amour pour fil rouge.

Auteur-compositeur-interprète au style inclassable, Ben Mazué séduit par ses textes sincères et ses mélodies enveloppantes. Avec son nouvel album Famille, il livre un regard intime et touchant sur les relations humaines, l’amour et le passage du temps. Entre confidences et prises de conscience, l’artiste évoque une période charnière de sa vie: la quarantaine. Un âge qu’il embrasse avec enthousiasme, mû par une nouvelle philosophie de l’instant présent. Rencontre avec l’artiste.

Entre quarantaine et confinement

Est-ce un album né durant le confinement, lorsque beaucoup se sont retrouvés dans leur bulle, en famille pour la plupart?

En fait, pendant le confinement, m’est venue l’idée du podcast Amour Jungle, que j’ai finalement lancé l’année dernière car il y a eu d’autres projets entretemps. Ce podcast a été très inspirant pour faire l’album, il m’a inspiré plusieurs chansons. Donc, quelque part, le confinement a finalement été pourvoyeur de certaines chansons de l’album… mais le thème même de la famille est venu plus tard.

J’ai l’impression d’avoir été frappé par une évidence, que je n’avais jamais été suffisamment sensible pour entendre: il est temps de profiter de la vie, de cueillir l’instant présent…

Est-ce que l’album coïncide aussi avec votre passage dans la quarantaine, moment charnière où l’on tend à faire le bilan de la première partie de sa vie?

Sans doute. J’ai l’impression d’avoir été frappé par une évidence, que je n’avais jamais été suffisamment sensible pour entendre: il est temps de profiter de la vie, de cueillir l’instant présent… Je n’ai jamais été trop sensible à tout ça. Mais avec cet album, et avec tout ce qu’il se passe dans ma vie, je ressens plus l’urgence de vivre. J’ai même l’impression que c’est ce que je préfère dans le fait de vieillir, c’est d’arriver désormais à comprendre cette phrase. Dans la chanson C’est l’heure, je dis qu’il n’y a rien de plus passager qu’un ciel bleu. Ce n’est pas anodin. J’ai coché quelques cases dans ma vie qui me permettent de dire que le ciel est bleu, parce que je suis heureux de tout ce qui m’est arrivé. Et aujourd’hui, je peux me dire que je vais profiter de la vie. Je n’ai pas envie de faire mieux, j’ai envie d’être juste moi. Quant à la quarantaine, je trouve que c’est un super moment de la vie. En fait, là, je suis très heureux!

Relations toxiques et violences conjugales

Vous abordez les relations toxiques dans Tous tes amis l’adorent. Un sujet qui vous a été inspiré par le podcast?

Quand j’ai lancé le podcast, j’ai reçu des tas de lettres, dont j’ai tiré des thèmes: la jalousie, le crush, le célibat… mais aucune ne portait sur les violences conjugales. Je trouvais impossible de parler des déboires de l’amour sans aborder ce sujet. Je me suis donc tourné vers le docteur Gadha Hatem, qui a créé la Maison des Femmes, une structure médicale et judiciaire. Y revient souvent la question du rôle de l’entourage. On est souvent démuni quand on est proche de quelqu’un qui subit des violences conjugales, parce que souvent, ce qui lui arrive, c’est une question d’emprise. Une emprise qui ne permet pas aux proches d’avoir du poids, d’aider… Elle me disait qu’il faut alors rester gentil, ne pas juger, il faut être présent, faire savoir à la personne qu’on est là, pour l’écouter, lui parler, la soutenir… D’où mon envie de faire une chanson sur l’entourage.

Dans notre société, mourir, c’est toujours vu comme un échec. Alors qu’on sait dès le départ qu’on va tous mourir

Avec La valse de Mamie par contre, vous abordez la fin de la vie; inspirée par un témoignage, reflète-t-elle aussi votre façon d’envisager le grand départ?

Je ne l’avais jamais trop vu comme ça, mais j’ai l’impression que de savoir que, dans la vie, il existe des gens qui peuvent se dire avec sérénité “J’ai fait mon temps, ma vie a été ce qu’elle a été, je l’ai aimée et je suis prête à partir”, c’est très rassurant. Dans notre société, mourir, c’est toujours perçu comme un échec. Alors qu’on sait dès le départ qu’on va tous mourir. Donc ce qui est important, c’est d’avoir avant cela une belle vie réussie. Peut-être qu’en écrivant cette chanson, inspirée par les paroles d’une vieille dame, je me suis rendu compte que c’est comme ça que, moi aussi, j’aurais envie de partir. Mais pas maintenant, je ne suis pas prêt (rires)!

Famille, TOKYTO ***

En concert le 8/6 aux Francofolies d’Esch-sur-Alzette, le 11/7 à La Semo, le 19/7 aux Francofolies de Spa, le 10/10 au Cirque Royal (complet), le 14/3/26 à Forest National.

 Interview: Sigrid Descamps

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