L’acné n’est pas une maladie de la peau, mais une inflammation des glandes sébacées. © Getty Images

Pourquoi j’ai de l’acné et pas elle?

Loin d’être réservée aux ados, l’acné peut continuer à apparaître ou réapparaître chez la femme adulte. Sous des formes plus ou moins graves, qui nécessitent des traitements différents. Le point avec un spécialiste.

Pour la plupart d’entre nous, la première rencontre avec l’acné remonte à la puberté. “C’est-à-dire 11 ou 12 ans, voire moins, pour les filles d’aujourd’hui, explique le Professeur Dominique Tennstedt, chef de service émérite aux Cliniques Universitaires Saint-Luc, à Bruxelles. Pour les garçons, c’est plutôt 12 ou 13 ans, car leur puberté est un peu plus tardive. Le mot ‘acné’ vient d’ailleurs du grec ‘akmê’, qui signifie ‘pointe’, parce qu’à la puberté, on grandit!”

En vrai, c’est quoi l’acné?

Contrairement aux apparences, l’acné n’est pas une maladie de la peau, mais une inflammation des glandes sébacées, celles qui luttent contre le dessèchement cutané par la sécrétion de sébum. “Quand les glandes sébacées deviennent hyperactives, le sébum, plus épais et sécrété en trop grande quantité, finit par les boucher, formant des microkystes et des comédons sur le visage, le haut de la poitrine et le dos. C’est ce qu’on appelle l’acné rétentionnelle, parce que le sébum, au lieu de s’écouler sur la peau, reste à l’intérieur”, avance le dermatologue Dominique Tennstedt.

Mais comment passe-t-on des comédons aux boutons?

Les comédons ouverts, ou points noirs, ne se transforment pas en boutons, parce qu’on peut les ‘exprimer’, les faire sortir. Mais, quand les comédons restent fermés, la graisse des glandes sébacées devient un milieu de culture, où les bactéries pullulent, fabriquant de petits boutons rouges ou papules, puis des lésions cutanées remplies de pus et surmontées d’un point blanc, les pustules. “Je conseille de consulter dès que l’acné rétentionnelle apparaît, car elle en reste rarement là: l’acné papulopustuleuse est la plus fréquente. Quand elle ne s’aggrave pas en acné nodulaire, avec de gros boutons de plus de 5 mm de diamètre, les nodules, qui peuvent s’étendre sur le torse et vers les fesses.”

L’acné est-elle liée à l’alimentation?

“Pas du tout. Les inconditionnels du fast-food ne font pas plus d’acné que les autres. Et, si les produits laitiers sont parfois incriminés, ce n’est pas à cause du lactose, mais bien des hormones, et surtout de la testostérone, utilisées dans l’élevage intensif.” En résumé, manger trop sucré, trop gras ou tout simplement trop, ce n’est pas bon pour la santé, mais ça n’a rien à voir avec l’acné.

Alors pourquoi fait-on de l’acné?

“L’acné est avant tout une maladie génétique, avec une forte composante familiale: si les deux parents ont eu de l’acné, le risque pour leur ado est multiplié par cinq! Et puis, il y a les hormones. Si l’acné commence en général à la puberté, c’est à cause des androgènes, produits chez les garçons par les testicules et chez les filles et les garçons par les glandes surrénales.

Les inconditionnels du fast-food ne font pas plus d’acné que les autres

Chez une fille qui fait une très grosse acné, un dosage des androgènes et dérivés est recommandé, parce qu’elle pourrait souffrir, par exemple, du syndrome des ovaires polykystiques, qui augmente le taux d’androgènes. Les œstrogènes, par contre, sont plutôt anti-acné. C’est pourquoi, juste avant et pendant les règles, quand le taux d’œstrogènes s’effondre, les poussées d’acné sont fréquentes”, détaille le spécialiste.

Y a-t-il d’autres facteurs favorisants?

“D’abord l’usage immodéré des crèmes dites ‘hydratantes’, qu’il faudrait plutôt appeler ‘anti-déshydratantes’, parce qu’elles empêchent la peau de se déshydrater mais, par la même occasion, bouchent les pores et favorisent donc l’apparition de l’acné. Même chose pour les crèmes teintées et autres fonds de teint, qui sont utilisés pour camoufler l’acné, mais ne font que l’aggraver. L’acné peut également être due à certains médicaments: corticoïdes, antituberculeux, anti-épileptiques, vitamine B12… Et certains traitements contre le cancer peuvent aussi provoquer des éruptions acnéiformes. Pour éviter les cicatrices, en tout cas, n’essayez pas de percer vos boutons. Et cessez de fumer: le tabac aggrave l’acné!”

Ça se soigne comment, l’acné?

Quand elle n’est pas trop importante, il existe des traitements locaux à appliquer sur la peau, après s’être nettoyé le visage avec des produits doux, à pH légèrement acide, spécifiques pour les personnes qui souffrent d’acné. “Les traitements sont choisis en fonction des caractéristiques de l’acné: pour une acné rétentionnelle avec beaucoup de comédons, par exemple, le peroxyde de benzoyle, éventuellement combiné à un rétinoïde; et, pour une acné papulopustuleuse, des antibiotiques locaux.

Cessez de fumer: le tabac aggrave l’acné!

Si l’acné est plus sérieuse, on recourt à des traitements systémiques, donc par la bouche: des antibiotiques, et aussi des rétinoïdes, comme l’isotrétinoïne, qui doit être utilisée avec prudence, car elle est photosensibilisante, et surtout tératogène (c’est-à-dire qu’elle peut entraîner des malformations du fœtus), mais qui est extrêmement efficace, puisqu’elle stoppe l’activité des glandes sébacées. L’acné n’est donc pas une fatalité… à condition de suivre son traitement avec assiduité.”

L’acné peut-elle disparaître spontanément?

En fait, l’évolution est spontanément régressive dans la majorité des cas. “Autrement dit, même sans traitement, l’acné s’estompe en général vers 20 ans chez les hommes, et vers 22-25 ans chez les femmes. Mais nous ignorons encore pourquoi”, précise le Professeur.

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