attitude féministe
Faisons en sorte que chaque foyer n'alimente pas les stéréotypes. © Getty Images

Féminisme: 4 attitudes à adopter à votre échelle

Ne pas tout masculiniser, féliciter les mères autant que les pères, ne pas confondre tâches domestiques et charge mentale… Plusieurs actions concrètes peuvent rendre notre monde plus égalitaire. À nous toutes et tous de jouer!

Féminisme: “Courant de pensée et mouvement politique, social et culturel en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes”, dit Le Larousse. Un courant auquel on aimerait que tout humain aspire, comment pourrait-on encore vouloir le contraire?

Pour que le féminisme gagne le plus grand nombre, il s’agit de déconstruire les stéréotypes qui collent à la peau d’un point de vue macro (via les discours politiques, les lois, les salaires…), mais aussi de réaliser des actions concrètes à notre niveau. Voici 4 bonnes pistes à emprunter.

1. Féminiser les fonctions, et inversement

À l’école, dès les premiers cours de grammaire, un enfant entend que “le masculin l’emporte”. De manière générale, notre inconscient a été rôdé à ce qu’on masculinise tout. Alors pour déconstruire, on n’hésite pas à féminiser les métiers. Dites “J’attends la factrice”, “J’ai lu une chouette autrice”, “Je dois prendre rendez-vous chez la généraliste”… À l’inverse, évitez de féminiser toujours les mêmes métiers: l’institutrice, l’infirmière, la femme de ménage, la secrétaire… Les hommes aussi endossent ces fonctions-là et en sont fiers.

2. Cesser de louer le père à tout-va

Lorsqu’un papa prend son après-midi pour aller chercher son bambin malade à la crèche, un petit sourire s’esquisse bien souvent sur les lèvres du personnel de l’établissement. Parfois, on le félicite même! Dans son livre Tu vas être papa, Cédric Rostein parle de la sacralisation du père: “Que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans la vraie vie, la société récompense et sacralise les pères qui endossent simplement leur rôle. Nous récoltons des médailles alors que nos conjointes n’en gagnent pas pour les mêmes ‘exploits'”. Il est temps d’ouvrir les yeux sur le boulot incroyable que font les femmes et les mamans et de les féliciter. À l’inverse, on arrêtera d’encenser les pères dès qu’ils changent une couche ou se lèvent la nuit.

La société récompense et sacralise les pères qui endossent simplement leur rôle

On retient que tout parent, homme comme femme, apprend ce “métier” sur le tas et doit être encouragé de la même façon pour, à terme, endosser la même part du boulot. À une personne qui vous dirait: “Tu as de la chance, ton conjoint t’aide bien”, répondez “Il ne m’aide pas, il prend simplement sa part”.

3. Parler des femmes qui ont marqué l’Histoire

Renseignez-vous sur les femmes qui ont impacté l’Histoire (quand, dans quel contexte?) et demandez-vous pourquoi on en parle si peu. La démarche sera ensuite de les mettre en avant lors de conversations: “J’ai lu ce bouquin”, “J’ai écouté tel podcast sur le sujet”…

Audrey Vanbrabant, journaliste pour Femmes d’Aujourd’hui et autrice du livre Les 30 femmes qui ont marqué l’Histoire de Belgique, évoque un nom qu’on connaît peu en Belgique: Marie Mineur. Ouvrière, elle fut l’une des premières militantes féministes du pays, une figure de la lutte contre le travail des enfants et pour l’amélioration des conditions de travail de ses pairs. Audrey Vanbrabant développe: “Quand l’Histoire a retenu des femmes, c’était souvent des bourgeoises, des intellectuelles ou, en tous cas, des femmes d’un ‘certain rang’. C’est important de pouvoir donner plusieurs modèles, dont celui de femmes précaires… Au même titre qu’il est urgent de financer des recherches pour découvrir les histoires des femmes racisées, porteuses d’un handicap, non-cisgenre… Mais sans financement, pas de recherche et sans recherche pas de visibilisation”.

4. Différencier charge mentale et tâches

La charge mentale et la répartition des tâches domestiques sont des choses bien distinctes. Lorsqu’on évoque la charge mentale, il s’agit de penser à l’organisation du quotidien dans son sens le plus large: cela va d’inscrire tel enfant à telle école et de se remémorer d’acheter de la nourriture pour le chat.

Dans les couples hétérosexuels modernes, le partenaire masculin exécute bien souvent un ensemble de tâches, mais il ne les coordonnera pas toujours spontanément (c’est le coup des cadeaux de Noël que les femmes anticipent). La charge mentale est chronophage, énergivore et la plupart du temps endossée par la femme (une mère, une sœur, une collègue, une meilleure amie…).

Quand on demande aux femmes de faire le travail d’organisation et d’en exécuter une grande partie, ça représente 75 % du boulot

Dans sa BD Fallait demander, l’autrice Emma, qui a popularisé le concept de charge mentale, pointe le problème de la charge mentale au sein des couples hétérosexuels. “Quand le partenaire attend de sa compagne qu’elle lui demande de faire les choses, c’est qu’il la voit comme la responsable en titre du travail domestique. C’est donc à elle de savoir ce qu’il faut faire, et quand il faut le faire. Le problème avec ça, c’est que, planifier et organiser les choses, c’est déjà un travail à plein temps (…). Alors quand on demande aux femmes de faire tout ce travail d’organisation, et en même temps d’en exécuter une grande partie, ça représente au final 75 % du boulot”.

Et à la maison, on milite comment?

Pour diviser les tâches mais aussi la charge mentale, communiquez avec votre binôme sur le sujet, les hommes doivent tout bonnement se sentir responsables du foyer.

  • Dans le cas d’une famille avec enfants, l’idéal réside dans l’allongement du congé de paternité pour diviser la charge mentale dès les premiers jours de bébé. Vous pouvez militer tous les deux dans ce sens.
  • À votre échelle, vous pouvez, dès votre emménagement sous un toit commun, penser à une répartition égale des tâches: vaisselle, lessives, nettoyage, coordination de la personne extérieure en charge du ménage, gestion des véhicules, des assurances, des animaux (nourriture, soins, garde en cas de congé), des courses, du lien avec les médecins pour les enfants… Chacun s’occupe ainsi de ses tâches et de la charge mentale qui en découle.
  • Que les femmes, comme les hommes, s’accordent des absences sans culpabiliser et sans avoir tout préparé pour leur partenaire. Comprenez: ne cuisinez pas si vous partez en citytrip avec des amis ou en voyage professionnel.
  • Que chaque nouveau-né soit élevé dans un foyer qui n’alimente pas les stéréotypes.

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